Du 28 novembre 2026 au 7 mars 2027, le Musée national de l’Automobile – Collection Schlumpf, à Mulhouse, accueillera une exposition consacrée à la Pearl Collection de Fritz Burkard. Une dizaine de Bugatti modernes seront réunies pour l’occasion, avec plusieurs modèles particulièrement rares, dont certains ont encore été très peu exposés au public.
Les amateurs de voitures de prestige auront une raison supplémentaire de faire étape à Mulhouse. Le Musée national de l’Automobile – Collection Schlumpf consacrera une exposition à Bugatti et à la Pearl Collection, l’ensemble automobile constitué par le collectionneur suisse Fritz Burkard.
La Bugatti Bolide, une machine pensée pour le circuit
Parmi les modèles présentés figure la Bugatti Bolide, dévoilée en 2020. Avec elle, Bugatti a radicalement changé de registre : plutôt que de privilégier le confort et le luxe associés à ses hypercars de route, la marque a conçu une machine destinée au circuit. Sous sa carrosserie se trouve le célèbre W16 de 8,0 litres à quatre turbocompresseurs. Sa puissance peut atteindre 1 850 ch avec du carburant de compétition, tandis que la configuration à l’essence 98 RON développe 1 600 ch.
Avec environ 1 240 kg sur la balance, une monocoque en carbone et de nombreux éléments en titane, la Bolide affiche un rapport poids-puissance spectaculaire. Les simulations annonçaient même une vitesse théorique supérieure à 500 km/h. La production a été limitée à 40 exemplaires.

Centodieci : seulement 10 exemplaires
Autre voiture particulièrement exclusive de cette exposition, la Bugatti Centodieci. Présentée en 2019, elle rend hommage à la Bugatti EB110 des années 1990. Son W16 quadriturbo développe 1 600 ch, permettant un 0 à 100 km/h en 2,4 secondes et une vitesse maximale de 380 km/h. La Centodieci bénéficie également d’un travail spécifique sur l’aérodynamique et d’un poids réduit de 20 kg par rapport à une Chiron. Mais son chiffre le plus marquant reste celui de sa production : 10 exemplaires seulement.

Chiron Pur Sport : Bugatti passe à l’attaque dans les virages
Avec la Chiron Pur Sport, Bugatti a privilégié l’agilité plutôt que la seule quête de vitesse de pointe. Son W16 développe toujours 1 500 ch, mais la voiture reçoit un châssis plus ferme, des pneumatiques spécifiques et des rapports de boîte raccourcis. Son imposant aileron arrière, large de 1,90 m, participe également au travail aérodynamique. La vitesse maximale est limitée à 350 km/h, tandis que la production atteint seulement 60 exemplaires. Une philosophie différente de celle de la Chiron Super Sport 300+, autre modèle présenté dans le cadre de l’exposition.

Chiron Super Sport 300+ : la Bugatti des 300 mph
En 2019, Bugatti entre dans l’histoire de la vitesse avec un prototype dérivé de la Chiron Super Sport 300+. La voiture atteint alors 490,484 km/h, franchissant pour la première fois le seuil symbolique des 300 mph. Pour parvenir à une telle vitesse, Bugatti développe notamment une carrosserie allongée de type « Longtail », une aérodynamique optimisée et un septième rapport de boîte plus long. La version de production est annoncée à 1 600 ch et limitée à 30 exemplaires.

Divo, Chiron Sport et Veyron
L’exposition permettra également de retrouver la Bugatti Divo, présentée en 2018 et baptisée en hommage au pilote français Albert Divo. Basée sur la Chiron, elle bénéficie d’un important travail aérodynamique et d’un châssis optimisé pour les routes sinueuses. Elle développe 1 500 ch, atteint 380 km/h et bénéficie d’un gain de poids de 35 kg ainsi que de 90 kg d’appui aérodynamique supplémentaire par rapport à la Chiron. Sa production est limitée à 40 voitures.

La Chiron Sport, lancée en 2018, constitue une autre déclinaison plus dynamique de l’hypercar. Elle conserve les 1 500 ch du W16 mais reçoit notamment un châssis retravaillé, une vectorisation du couple et un allègement de 18 kg. Sa vitesse maximale atteint environ 420 km/h.

Enfin, la Veyron Grand Sport Vitesse WRC rappellera un autre chapitre de l’histoire de Bugatti. En 2013, cette version décapotable établit un record mondial pour une voiture de sport de série découvrable avec 408,84 km/h toit ouvert. Enfin, la Veyron Grand Sport Vitesse WRC rappellera un autre chapitre de l’histoire de Bugatti. En 2013, cette version décapotable établit un record mondial pour une voiture de sport de série découvrable avec 408,84 km/h toit ouvert. Sa monocoque renforcée en carbone compense notamment l’absence de toit. Seulement huit exemplaires WRC ont été produits.

Derrière ces voitures se trouve la Pearl Collection, propriété du Suisse Fritz Burkard. La collection rassemble des automobiles particulièrement rares et historiques, avec une approche fondée sur la conservation et l’authenticité. L’objectif n’est pas simplement de préserver les voitures derrière les portes d’un musée. La collection revendique au contraire une forme de préservation active, avec des automobiles amenées à participer à des rallyes, des événements sur circuit ou encore à de grands concours d’élégance. Cette philosophie s’illustre notamment avec une autre Bugatti emblématique de la collection : la Type 59 de 1934. Conservée dans son état d’origine, elle a remporté le trophée Best of Show à Pebble Beach en 2024, une distinction particulièrement remarquée dans le monde des concours d’élégance.
Fritz Burkard, collectionneur d’automobiles historiques
Installé à Zoug, en Suisse, Fritz Burkard s’est constitué une collection réunissant des automobiles parmi les plus rares de l’histoire. Sa démarche accorde une place importante à l’authenticité et à l’histoire des véhicules. Plutôt que de rechercher systématiquement une restauration complète, le collectionneur privilégie la conservation des traces et de la patine qui témoignent du passé de chaque automobile. La voiture devient ainsi davantage qu’un objet de collection : elle conserve son histoire et continue à vivre à travers les événements auxquels elle participe.