Présentée au public le 4 juillet 1957, la Fiat 500, baptisée à l’origine Nuova 500, s’inscrit dans la lignée directe de la Fiat Topolino. Produite jusqu’en 1975, elle deviendra bien plus qu’une simple automobile : un symbole de l’Italie d’après-guerre et de sa démocratisation de la mobilité.
Ce jour d’été à Turin, des dizaines de Fiat 500 défilent entre l’usine de Mirafiori et le centre-ville. Fiat dévoile alors un modèle plus petit et plus économique que la Fiat 600, déjà commercialisée depuis 1955 et plébiscitée par les Italiens. Derrière cette nouvelle citadine se cache une ambition claire : proposer une voiture accessible, dont le prix se rapproche du salaire annuel d’un ouvrier.


Une conception pensée pour l’économie
Le projet de la Fiat 500 est mûri plusieurs années auparavant sous l’impulsion de Vittorio Valbetta. L’objectif est simple : faire plus petit, plus léger et moins cher que la Fiat 600, tout en s’appuyant sur les avancées techniques qui ont fait le succès de cette dernière. La Nuova 500 adopte ainsi une carrosserie autoportante et des suspensions indépendantes.
Son design, compact et ingénieux, mêle héritage et modernité. À l’arrière, les lignes incurvées rappellent la Fiat 600, tandis qu’à l’avant, le capot moteur à coque recouvre partiellement les pare-boue. Détail aujourd’hui emblématique : les portes s’ouvrent face au vent. La mécanique, volontairement simple, promet des coûts d’entretien réduits.
La première série est équipée d’un moteur bicylindre refroidi par air, placé à l’arrière. Avec ses 479 cm³, il développe 13 ch à 4 000 tr/min et permet d’atteindre 85 km/h, des performances modestes mais suffisantes pour l’usage urbain auquel la voiture est destinée.


Malgré ses qualités, la Fiat 500 ne rencontre pas immédiatement le succès espéré. Elle souffre de la concurrence directe de la Fiat 600, plus spacieuse et déjà très populaire. Homologuée à l’origine pour seulement deux places, la petite citadine évolue rapidement : une banquette arrière est ajoutée afin d’accueillir quatre passagers, tandis que plusieurs améliorations voient le jour, comme les vitres descendantes, le blocage de l’ouverture du déflecteur ou encore l’apparition d’éléments chromés.
Sur le plan mécanique, la Fiat 500 gagne également en performances. La puissance passe à 15 ch et la vitesse maximale atteint désormais 90 km/h. Cette version améliorée est présentée au 39ᵉ Salon de Turin, le 30 octobre 1957, tandis que la version initiale reste au catalogue sous l’appellation « Economica ».
Fiche technique
Fiat 500 N normale de 1957
Moteur : 2 cylindre en ligne, soupape en tête, arbre à cames latéral, refroidi par air placé à l’arrière, 479 cm3
Puissance : 15 ch à 4000 tr/min
Vitesse : 90 km/h
Poids : 470 kg
Type : berline 2 portes, 4 places

L’épopée sportive signée Abarth
L’histoire de la Fiat 500 prend un tournant plus sportif au milieu de l’année 1958 avec le lancement de la Nuova 500 Sport. Dotée d’une puissance de 21,5 ch et capable d’atteindre 100 km/h, cette version se distingue par son toit rigide et sa carrosserie bicolore. Très vite, Fiat engage le modèle en compétition.
Pour aller plus loin, le constructeur fait appel à Abarth. En février 1958, sur le circuit de Monza, 6 pilotes se relaient pendant 7 jours au volant d’une Fiat 500 Abarth. Le résultat est spectaculaire : une moyenne de 108 km/h sur 18 886,44 km parcourus, établissant un premier record international dans la catégorie des voitures de 350 à 500 cm³. Cinq autres records suivent rapidement.
Cette réussite consacre la petite Fiat sur la scène européenne. Elle démontre à la fois la fiabilité du modèle et le savoir-faire d’Abarth, capable d’augmenter significativement les performances sans compromettre la robustesse de la voiture.




Fiche technique
Fiat 500 Abarth de 1958
Moteur : 2 cylindre en ligne, refroidi par air placé à l’arrière, 479 cm3
Puissance : 26 ch à 5000 tr/min
Vitesse : 120 km/h
Poids : 485 kg
Type : berline 2 portes
De la citadine populaire à la « bombinette » de circuit, la Fiat 500 a su se réinventer sans jamais renier son ADN. Aujourd’hui encore, la Fiat 500 Abarth comme les versions plus sages font tourner les têtes des collectionneurs de voitures anciennes. Preuve que cette petite Italienne, née d’un besoin d’économie, a fini par entrer dans la légende automobile.