Chaque année, Epoqu’Auto transforme Lyon en un véritable sanctuaire de l’automobile ancienne. L’édition 2025, du 7 au 9 novembre, a une nouvelle fois séduit les passionnés grâce à des expositions riches et variées, mettant en lumière la diversité des véhicules qui ont façonné le XXe siècle. Trois plateaux consacrés aux véhicules utilitaires, les deux-roues, ainsi que le sport automobile offrent aux passionnés une immersion fascinante dans l’histoire mécanique.

Les utilitaires : témoins de l’histoire militaire et industrielle
Le plateau utilitaire reste, année après année, l’un des plus impressionnants d’Epoqu’Auto. La Fondation Berliet y présente plusieurs modèles emblématiques, retraçant l’évolution des véhicules utilitaires et des énergies qui les propulsent. Dans un contexte où les constructeurs modernes s’efforcent de s’émanciper des carburants fossiles, cette exposition rappelle que l’histoire des énergies alternatives remonte à plus d’un siècle.
Au tournant du XXe siècle, l’électricité, la vapeur et l’essence rivalisaient déjà pour animer les premiers véhicules. L’essence l’emporta rapidement grâce à sa souplesse et aux progrès techniques rapides, reléguant les solutions électriques et à vapeur, trop lourdes et peu autonomes. Cependant, les crises énergétiques, des pénuries des guerres mondiales aux chocs pétroliers des années 1970, ont relancé l’intérêt pour les alternatives telles que le gazogène ou l’électricité.
Pour illustrer cette capacité d’adaptation, la Fondation Berliet présente 6 véhicules, chacun porteur d’une histoire unique. Parmi eux, un fourgon mortuaire électrique de 1924, mis en service à Villeurbanne, capable de rouler entre 40 et 80 km sans bruit ni émissions. Mais aussi, la Berliet VILPG de 1932, équipée d’un système de gazobois, qui avait atteint 85 km/h lors du rallye des carburants nationaux de 1934 tout en réduisant sa consommation de 80 %. Les visiteurs peuvent également admirer un camion SOVEL type EM de 1951, produit à Saint-Étienne puis Villeurbanne, dont le moteur électrique transportait jusqu’à 8 tonnes à une vitesse de 20 à 24 km/h. Ces véhicules démontrent que l’électrique n’est pas qu’un enjeu contemporain, mais une solution explorée dès les premières décennies de l’automobile.
















L’édition 2025 célèbre également le 80e anniversaire de la Libération, avec un focus sur les utilitaires civils et militaires ayant marqué le quotidien des années 1940. Ce plateau offre un fascinant panorama d’engins ayant participé tant à la guerre qu’à la reconstruction. Trois modèles symboliques se distinguent : le Pacific M26, une dépanneuse lourde de 22 tonnes impressionnante de puissance ; le Kettenkrad, moto-chenillette allemande hybride et tout-terrain ; et la Renault Monaquatre boulangère de 1933, symbole du retour à la vie civile et des petits gestes du quotidien, comme la distribution de pain. Au total, près d’une vingtaine de véhicules sont exposés, allant des engins militaires incontournables : Diamond T, Renault UE, M8 Greyhound, GMC de transport, Citroën C6 Kégresse et aux utilitaires civils emblématiques tels que la Citroën C4, l’U23, la Rosalie ou encore la Talbot.





















Motos et microcars : de l’élégance à la miniaturisation
Le hall consacré aux deux-roues regroupe une sélection variée de motos, de la plus classique à la plus sportive. Mais la véritable originalité de ce plateau réside dans la présentation des microcars sur une piste d’un manège d’auto tamponneuse. Ces véhicules miniatures, qui ont tenté de concurrencer à la fois les motos et les voitures, sont pensés pour être abordables après la Seconde Guerre mondiale. Les microcars connaissent leur apogée dans les années 1950-60 grâce à leur prix inférieur à celui d’une voiture classique.




















Le concept de microcar remonte cependant à 1896 avec Léon Bollée, qui commercialise un tricycle motorisé conçu par son frère Amédée. La plupart des microcars étaient équipés de moteurs de motos, justifiant leur présence sur ce plateau. Légers et parfois vendus en kit, ces véhicules se sont développés massivement en France grâce à des constructeurs comme Peugeot, Chausson, Velam, Vallée, Voisin ou Avolette.
Leurs formes étonnantes leur ont valu des surnoms pittoresques : le « petit pot de yaourt » ou « l’œuf de Pâques » pour la Velam Isetta. Sur 400 m², les passionnés peuvent admirer une trentaine de modèles exclusivement français.


















Sport automobile : hommage à Ligier et à la Peugeot 205 Turbo 16
L’univers du sport automobile constitue un autre temps fort d’Epoqu’Auto. Cette année, deux marques emblématiques ont été mises à l’honneur : Ligier et la Peugeot 205 Turbo 16.
Entre le milieu des années 1970 et le milieu des années 1990, Guy Ligier, industriel au tempérament de feu, a incarné l’audace française en Formule 1. Pilote éclectique, il débute la construction de ses propres voitures en 1970 avec des sport-protos (JS1, JS2) puis s’attaque à la F1 à partir de 1976. La JS7 marque un tournant : Jacques Laffite remporte le Grand Prix de Suède en 1977, donnant le coup d’envoi à une saga qui comptera neuf victoires en F1 jusqu’en 1996, la dernière avec Olivier Panis à Monaco sur la JS43. Epoqu’Auto permet ainsi de redécouvrir cette aventure industrielle et sportive qui a tenu tête aux marques les plus prestigieuses pendant près de deux décennies.










Autre événement majeur : le 40e anniversaire du premier titre mondial de la Peugeot 205 Turbo 16. Apparue en compétition en 1984, la 205 Turbo 16 s’impose dès 1985 avec Timo Salonen, puis réédite l’exploit en 1986 avec Juha Kankkunen, avant que le Groupe B ne soit brutalement interrompu. Mais cet arrêt n’a fait que renforcer sa légende, notamment sur le Paris-Dakar, où elle triomphe en 1987 avec Ari Vatanen puis en 1988 avec Juha Kankkunen. Produite à seulement 200 exemplaires routiers et quelques dizaines de versions compétition, elle reste aujourd’hui un des modèles les plus emblématiques du rallye mondial. Le plateau réunit pour la première fois 5 exemplaires authentiques, certains ayant été victorieux en championnat du monde et au Dakar, offrant aux visiteurs un spectacle rarissime.



Enfin, Autodiva complète ce panorama avec une sélection de véhicules de sport automobile, apportant une touche finale à cette célébration de la passion mécanique.




