Un camion de 95 t, un prototype de Stradair, un véhicule conçu pour livrer la viande à Paris ou encore un grand routier pensé pour améliorer le confort du chauffeur : Epoqu’Auto 2026 fera aussi la part belle aux poids lourds. À Lyon, le Club PTRA et la Fondation de l’Automobile Marius Berliet réuniront plusieurs véhicules qui racontent l’évolution du camion français.
Dans le hall 6, deux plateaux permettront de découvrir différentes facettes de l’histoire des véhicules industriels, avec un anniversaire particulier : celui du Berliet Stradair, lancé il y a 60 ans. Le modèle occupera une place centrale dans une exposition qui réunira plusieurs versions et dérivés. De quoi mesurer à quel point ce camion avait été pensé pour répondre à des usages très différents.
Le Stradair, un camion qui voulait améliorer le confort
Présenté par Berliet en 1965, le Stradair se distinguait notamment par sa suspension pneumatique Airlam. Cette technologie associait des lames de ressorts et des coussins d’air afin d’améliorer le confort du conducteur tout en conservant une hauteur de châssis constante malgré les variations de charge. Environ 6 000 exemplaires seront produits avant l’arrêt de sa fabrication en 1970.


Pour ses 60 ans, plusieurs configurations seront présentées à Epoqu’Auto : fourgon primeurs, dépanneuse, benne de chantier, véhicule semi-forain ou encore exemplaire équipé d’une berce Titan Coder.
Les passionnés pourront également découvrir le Stradair 55 Prototype de 1971, premier exemplaire d’une série de moins de dix véhicules. Avec son V8 Berliet V800 de 7 litres développant 170 ch, ce prototype avait notamment servi au service Transport de l’usine Berliet pour effectuer différents transports entre les sites du constructeur et participer à des expérimentations. Sa restauration, débutée en 2020, vient de s’achever en 2026.
Le Berliet TEKEL 10 changeait de métier
Le Berliet TEKEL 10 de 1967 a été développé à partir de la structure du Stradair, il disposait d’un châssis surbaissé adapté à son utilisation initiale : le transport et la livraison de viande depuis les abattoirs de la Villette à Paris. Berliet en produira seulement 40 exemplaires en 1967 et 1968. Équipé d’un quatre cylindres Perkins diesel de 3,8 litres développant 80 ch, le TEKEL connaîtra ensuite d’autres applications, notamment chez les brasseurs et les limonadiers.
Jusqu’à 95 tonnes pour le Berliet TBO 15 M
Le deuxième plateau proposé par la Fondation de l’Automobile Marius Berliet s’intéressera aux différents métiers du camion. Son thème, « À chaque métier son camion », sera organisé autour de 4 catégories : transports exceptionnels, grands routiers, chantiers et distribution.
Le Berliet TBO 15 M de 1960 représentera les transports exceptionnels. Ce tracteur 6×4 équipé d’un 6 cylindres de 14,8 litres développant 240 ch pouvait atteindre un PTR de 95 tonnes en convoi exceptionnel.


Dans la catégorie des grands routiers, le Berliet Centaure de 1978 rappellera aussi les progrès réalisés en matière de confort. Sa cabine disposait notamment d’un réfrigérateur, d’une douchette, d’une couchette sous pavillon et d’un thermostat d’ambiance.
D’autres Berliet, mais aussi des Renault, Citroën et Saviem, compléteront le plateau. Une Autopompe échelle Laffly de 1951, équipée d’un moteur Delahaye et d’une échelle de 24 m, sera également présentée.
À travers ces différents véhicules, Epoqu’Auto 2026 racontera ainsi une autre histoire de l’automobile : celle des camions conçus pour transporter, travailler, livrer, construire et parfois repousser les limites du transport routier.