À l’occasion du Grand Prix de Monaco Historique, une apparition rare a captivé amateurs d’automobile et passionnés d’histoire : celle de la mythique Bugatti Type 41, plus connue sous le nom de « Bugatti Royale ». Ce modèle d’exception, issu de la collection du Musée national de l’Automobile – Collection Schlumpf, a parcouru le célèbre tracé monégasque le samedi 25 avril 2026, offrant un moment hors du temps.


Au cœur de cet événement, Albert II de Monaco a pris place à bord de ce véhicule exceptionnel, accompagné de Christophe Piochon, président de Bugatti Automobiles, et de Michel Ferry. La voiture était pilotée par Brice Chalancon, responsable d’atelier du musée, garant d’un savoir-faire indispensable à la préservation de cette pièce unique.
L’histoire de la Bugatti Royale remonte à la vision ambitieuse de Ettore Bugatti. Dès les années 1920, celui que l’on surnomme « Le Patron » nourrit l’ambition de créer la voiture la plus prestigieuse au monde, surpassant même les Rolls-Royce de l’époque. Son projet prend forme en 1926 avec la Type 41 : un véhicule hors norme doté d’un moteur de 14,7 litres et d’un châssis imposant de 4,60 m d’empattement.
Présentée à travers l’Europe, notamment au roi Alphonse XIII d’Espagne, la Royale devait séduire les têtes couronnées. Pourtant, malgré son ambition et son caractère unique, le projet ne rencontre pas le succès commercial espéré : seules quelques unités seront vendues, bien après son lancement.
Si la Royale peine à trouver acquéreur, son moteur, lui, connaît une seconde vie inattendue. Adapté aux autorails Bugatti, il permet à la marque de rebondir en 1932 en établissant un record de vitesse sur rail de 197 km/h, démontrant l’ingéniosité technique de la firme de Molsheim.


Renaissance et héritage
Après un accident sans gravité pour Ettore Bugatti mais fatal pour le prototype, la voiture est reconstruite en 1929 sur un châssis modifié. Redessinée par Jean Bugatti, elle devient un coupé chauffeur raffiné, reconnaissable à son monogramme discret.
Longtemps restée dans la famille Bugatti, la Royale est finalement acquise en 1963 par les frères Schlumpf, collectionneurs passionnés. Elle devient alors l’une des pièces maîtresses de leur collection, aujourd’hui exposée à Mulhouse, où elle est souvent décrite comme la « Joconde » de l’automobile.
Entièrement restaurée et entretenue avec soin, la Bugatti Royale continue de rouler, témoignage vivant d’un âge d’or de l’ingénierie automobile. Sa présence sur le circuit du Grand Prix de Monaco Historique rappelle que certaines machines dépassent leur fonction pour devenir de véritables œuvres d’art.