Le compte à rebours est lancé. À partir du 28 mai 2026, un nouveau haut lieu dédié aux sports mécaniques accueillera les passionnés du monde entier aux portes du mythique circuit sarthois. Baptisé M24 – Musée du Sport Automobile, cet espace de 8 600 m² ambitionne de devenir une référence internationale, à la hauteur de la légende des 24 Heures du Mans.
Pensé comme une immersion totale dans l’histoire des disciplines motorisées, le M24 ne se contente pas d’exposer des voitures. Il raconte avant tout des trajectoires humaines. Celles de pilotes intrépides, d’ingénieurs visionnaires et de figures emblématiques qui, au fil des décennies, ont repoussé les limites de la vitesse et de l’endurance. À travers 12 espaces thématiques, les visiteurs sont invités à revivre un siècle de compétition, du rugissement des moteurs de l’entre-deux-guerres aux technologies de pointe contemporaines. Si l’endurance y occupe une place centrale, d’autres disciplines comme la Formule 1, le rallye ou encore l’IndyCar enrichissent ce récit pluriel.
Derrière ce projet d’envergure, la société MACO, née en 2022 de l’association entre l’Automobile Club de l’Ouest et l’horloger Richard Mille, a relevé un défi de taille : livrer un musée entièrement repensé en moins d’un an. Entre rénovation du bâtiment existant et construction d’une extension, les travaux ont mobilisé des moyens considérables. Dès janvier 2025, les premières opérations étaient lancées, suivies d’un terrassement impressionnant, 45 000 m³ de terre déplacés. La construction proprement dite débute en juillet de la même année, pour une livraison prévue en avril 2026. L’inauguration interviendra le 27 mai, à la veille de l’ouverture officielle au public.
Une collection exceptionnelle
Le cœur du M24 repose sur une collection rare et ambitieuse. Près d’une centaine de véhicules, tous authentiques et en état de fonctionnement, retracent l’évolution du sport automobile depuis le XIXe siècle. Chaque modèle exposé incarne une page d’histoire, un exploit, une révolution technique.
Parmi les pièces les plus précieuses figurent des objets ayant appartenu à des légendes de la discipline. Les combinaisons du pilote brésilien Ayrton Senna, triple champion du monde, et du Belge Jacky Ickx, sextuple vainqueur des 24 Heures du Mans, côtoient des trophées emblématiques comme la coupe Rudge-Whitworth, remise lors de la première édition en 1923. À cela s’ajoute une impressionnante collection de 4 300 miniatures reproduisant l’ensemble des voitures ayant participé à la course mancelle depuis ses origines, fruit d’un travail minutieux de passionnés bénévoles.
Trois icônes, trois époques
Certaines machines incarnent à elles seules l’esprit du musée. C’est le cas de la Bentley 3 Litre, symbole des débuts de l’endurance. Engagée dès 1923 par le Canadien John Duff, elle remporte l’édition 1924 aux côtés de Frank Clement, ouvrant la voie à l’ère glorieuse des « Bentley Boys ».



Autre pièce maîtresse : la Ferrari F2002, véritable monstre de la Formule 1 moderne. Conçue par Ross Brawn et Rory Byrne, cette monoplace révolutionnaire a permis à Michael Schumacher de décrocher onze victoires en une saison, consolidant la domination de Ferrari au début des années 2000.



Enfin, la Lancia Stratos illustre l’âge d’or du rallye. Reconnaissable à son design audacieux signé Bertone, elle a été conçue dans les années 1970 comme une machine de compétition pure. Pilotée notamment par Sandro Munari, elle a offert à Lancia trois titres constructeurs consécutifs entre 1974 et 1976, marquant durablement l’histoire du championnat du monde des rallyes.


Avec le M24, Le Mans renforce encore son statut de capitale mondiale de l’endurance. Plus qu’un musée, le lieu se veut une expérience immersive et vivante, capable de séduire aussi bien les amateurs éclairés que le grand public. À la veille des 24 Heures du Mans 2026, son ouverture apparaît comme un symbole fort : celui d’un patrimoine en mouvement, tourné vers l’avenir sans jamais oublier ses racines.