Au début des années 1970, le marché du cyclomoteur est en pleine effervescence. C’est dans ce contexte que le constructeur français Peugeot lance un modèle appelé à connaître un certain succès : le Peugeot 104. Produit dès 1970 et commercialisé à partir de 1971, ce cyclomoteur se distingue autant par ses choix techniques que par une identité visuelle audacieuse pour l’époque.




La production du cyclomoteur démarre en 1970, avant une commercialisation effective en 1971. Dès son lancement, le modèle intrigue : il partage sa numérotation avec la berline Peugeot 104, une particularité inhabituelle qui contribue à sa singularité dans la gamme Peugeot.
Précurseur du célèbre Peugeot 103, dont il reprend certaines solutions techniques, le Peugeot 104 se distingue toutefois par une identité propre et une volonté claire d’innovation. À une époque où le marché du cyclomoteur est en pleine évolution, Peugeot mise sur un modèle plus moderne, plus confortable et mieux équipé.
Le Peugeot 104 adopte de nombreuses pièces en plastique, des pneus à flancs blancs de 15 pouces et un style jugé audacieux pour l’époque. Sous ses lignes, il embarque un moteur à clapets et un système de transmission automatique à variateur, offrant une conduite simplifiée et accessible.
Autre particularité technique : l’articulation bras-moteur est conçue pour maintenir une tension de chaîne constante, même lors des mouvements de suspension, améliorant ainsi la fiabilité et le confort de conduite.
Le modèle est équipé d’un moteur monocylindre deux temps de 49,9 cm³, démarré par pédalage, conformément aux standards des cyclomoteurs de cette période.


Une gamme riche et évolutive
Peugeot décline rapidement son modèle en de nombreuses versions afin de répondre à différents usages. Dès l’origine, le 104 est proposé en plusieurs configurations :
- 104 : version sans variateur
- 104 V : avec variateur
- 104 BI : selle biplace
- 104 N : nouvelle finition et habillages modernisés
- 104 VN / NV : version N avec variateur
- 104 BN / BVN / NVB : variantes biplace
- 104 CV / VC : avec clignotants et feu stop
- 104 BCV / VCB : versions biplace équipées
- 104 F3 (Formule 3) : version sportive avec moteur 3 vitesses
En 1973, le modèle évolue et devient le 104 N (“Nouveau”), bénéficiant de nouveaux habillages, d’un garde-boue chromé et d’un logo repositionné sur le réservoir. De nouvelles déclinaisons apparaissent également, consolidant la stratégie de diversification de la marque.
À partir de 1974, Peugeot enrichit encore la gamme avec les versions CV et BCV, intégrant clignotants et feux stop, des équipements encore rares sur ce segment à l’époque.
Un succès commercial avant son retrait
Lors de sa présentation, le Peugeot 104 est proposé à un tarif compétitif : 970 francs pour la version standard et 1030 francs pour la version à variateur. Une politique tarifaire qui contribue à son succès auprès d’un large public.
En 1977, une évolution technique majeure intervient avec l’apparition d’un carter moteur en aluminium sur les versions à variateur, améliorant la robustesse et les performances globales du modèle.
Mais malgré ces évolutions, la carrière du Peugeot 104 touche à sa fin : en 1980, il disparaît du catalogue, remplacé par le Peugeot 105. Il laisse toutefois derrière lui une empreinte durable, tandis que le 103 continue, lui, sa longue carrière.
Guide d’entretien de votre Peugeot 104
Le bon fonctionnement de votre cyclomoteur commence par la qualité du carburant. Le réservoir, d’une capacité de 3,7 litres, doit être alimenté avec un mélange préparé à l’avance, associant essence et 6 % d’huile fluide de bonne qualité. Une précaution indispensable pour préserver le moteur dans la durée.
Démarrage : une procédure simple, deux approches possibles
Avant toute chose, l’utilisateur doit ouvrir l’arrivée de carburant en positionnant la manette du robinet d’essence sur « O ». Le moteur peut alors être lancé selon deux méthodes, adaptées aux préférences de chacun ou aux contraintes du terrain.

1. Le démarrage au pied, sur béquille
Le cyclomoteur étant immobilisé, il faut commencer par fermer les gaz en tournant la poignée droite. Le starter et le décompresseur sont ensuite actionnés simultanément. Un coup franc sur la pédale permet d’entraîner le moteur, en relâchant le décompresseur au moment opportun, lorsqu’il atteint le point bas.
Dès que le moteur démarre, le starter est relâché et l’accélération s’effectue progressivement. Il ne reste plus qu’à freiner pour stabiliser la roue arrière, relever la béquille, puis prendre la route.
2. Le démarrage en roulant
Autre méthode, plus dynamique : monter sur la machine, fermer les gaz, puis actionner starter et décompresseur. Le conducteur doit alors pédaler pour prendre de la vitesse. Une fois le moteur enclenché, les commandes sont relâchées et l’accélération se fait en douceur via la poignée tournante.
Par temps froid, il est recommandé de maintenir le starter quelques instants après le départ, quitte à parcourir plusieurs centaines de mètres avant de le relâcher, afin d’éviter tout calage. À l’inverse, lorsque le moteur est déjà chaud, l’usage du starter est inutile.
Ralentir, s’arrêter, repartir : les gestes essentiels de conduite
La maîtrise de votre cyclomoteur repose aussi sur la gestion des phases de ralentissement et d’arrêt, étapes clés pour garantir sécurité et fluidité de conduite.
Ralentissement et freinage
Dans des conditions normales, la décélération s’effectue simplement en réduisant progressivement l’ouverture des gaz. Cette action permet de ralentir en douceur, sans à-coups.
En cas de besoin de freinage plus rapide, la procédure est plus directe : il convient de couper les gaz tout en actionnant le système de freinage.
À l’arrêt : un moteur qui reste en fonctionnement
Une fois immobilisé, le moteur ne s’éteint pas automatiquement. Grâce à son embrayage automatique à disque, il continue de tourner au ralenti. Il est alors recommandé de le laisser fonctionner sans à-coups, en évitant toute accélération inutile.
Reprise et redémarrage
Pour repartir, il suffit de réaccélérer progressivement. En terrain difficile, notamment en montée, un accompagnement au pédalage peut faciliter la reprise de vitesse.
Arrêt du moteur
L’arrêt du moteur s’effectue simplement en actionnant la manette de décompresseur, mettant ainsi fin au fonctionnement du Peugeot 104.
Mode bicyclette : une solution d’appoint en cas de panne
Dans certaines situations exceptionnelles, comme une panne de carburant, le cyclomoteur peut être utilisé sans assistance moteur, en mode entièrement manuel.

Pour rouler comme sur une bicyclette classique, il est nécessaire de désolidariser le moteur de la transmission. Cette opération s’effectue en poussant le bouton de verrouillage vers le centre de la poulie. Une précaution importante : cette manipulation doit impérativement être réalisée moteur à l’arrêt.
Le système prévoit deux configurations distinctes :
- la position “mise en vélo”, qui permet le pédalage libre sans entraînement du moteur ;
- la position de verrouillage, qui rétablit la liaison avec le moteur.
Ergonomie et confort : les réglages essentiels du cyclomoteur
Pour garantir une position de conduite sûre et confortable, plusieurs ajustements sont possibles au niveau du guidon et de la selle. Des réglages simples, mais qui doivent être effectués avec rigueur.
Réglage du guidon

L’ajustement du guidon commence par le déblocage de la vis de serrage des colliers. Les deux branches peuvent alors être positionnées selon les besoins du conducteur.
Point essentiel : la partie inférieure striée doit impérativement rester engagée dans le collier afin d’assurer un maintien optimal. Le serrage doit toujours s’effectuer sur cette zone striée.
Une fois le réglage effectué, il est indispensable de rebloquer les vis après avoir vérifié la parfaite symétrie des deux branches.
Réglage de la selle

Hauteur de selle
La hauteur se règle en desserrant le boulon du collier. La tige peut ensuite être positionnée à la hauteur souhaitée avant d’être solidement rebloquée.
Souplesse
Le confort d’assise dépend également de la souplesse de la selle. Celle-ci se règle via un écrou : en le desserrant, la selle devient plus souple ; en le vissant, elle gagne en fermeté.
Inclinaison
L’angle de la selle peut enfin être ajusté en desserrant l’écrou, en choisissant l’inclinaison désirée, puis en resserrant fermement l’ensemble.

Graissage : un entretien essentiel pour la longévité du cyclomoteur
Le graissage régulier des différentes pièces mécaniques constitue un élément clé de l’entretien du cyclomoteur. En suivant scrupuleusement les recommandations du constructeur, l’utilisateur assure non seulement une meilleure protection des organes mécaniques, mais aussi un fonctionnement plus fluide et plus durable de son véhicule.

Toutefois, certaines précautions s’imposent. Il est formellement déconseillé d’introduire de l’huile ou de la graisse dans les tambours de freins. Une telle pratique pourrait en effet compromettre leur efficacité et nuire à la sécurité de conduite.
| A faire tous les… | Points à graisser |
|---|---|
| 1 000 km | Chaîne de pédalier Chaîne de transmission Patin du tendeur de chaîne Câble de commande Roue libre Axe de béquille Poulie réceptrice |
| 10 000 km | Articulation du moteur Poulie motrice (très faible quantité) Cuvette supérieure et inférieure de direction Pédalier Pédales Moyeu AV et AR Cames de freins AV et AR Fourche télescopique |
Bougie
Lorsque le cyclomoteur commence à présenter des difficultés au démarrage ou une baisse de performance, la cause se trouve souvent du côté de la bougie. L’encrassement ou l’usure des électrodes figurent parmi les problèmes les plus fréquents.
Pour éviter ces désagréments, il est conseillé de vérifier la bougie tous les 500 km. Un nettoyage à la brosse métallique permet d’éliminer les dépôts, tandis que l’écartement des électrodes doit être ajusté à environ 4/10 de millimètre, soit l’épaisseur approximative de l’ongle du pouce.
Au-delà de 2 nettoyages, il est préférable de remplacer la bougie par un modèle neuf. Il est également recommandé d’en conserver une de rechange dans la sacoche, afin de parer à toute éventualité.
Pneus
Les pneus jouent un rôle déterminant dans la tenue de route et la durabilité de votre cyclomoteur. Leur entretien repose avant tout sur un geste simple mais essentiel : la vérification régulière de la pression.
Il est recommandé de contrôler la pression des pneus chaque mois. Un gonflage adapté influence directement l’usure, mais aussi le confort et la sécurité de conduite.
Un pneu correctement gonflé doit offrir une résistance suffisante : il ne doit pas se déformer sous la pression du pouce.
Réglage des commandes de freins
Il est recommandé de vérifier périodiquement le réglage des leviers de frein. Ceux-ci doivent présenter une course morte minimale, c’est-à-dire un léger jeu avant que les mâchoires n’attaquent les tambours.
L’ajustement s’effectue à l’aide des vis de réglage situées sur les gaines au niveau des poignées de guidon. Une fois le réglage effectué, il est essentiel de bloquer les vis à l’aide des contre-écrous moletés afin d’éviter tout dérèglement.

Gicleur bouché
En cas d’obstruction, le gicleur doit être démonté puis nettoyé à l’air comprimé, idéalement à l’aide d’une pompe à pneu. L’usage d’un fil métallique est fortement déconseillé, celui-ci risquant d’altérer le débit et donc le fonctionnement du moteur.
Bougie encrassée ou défectueuse
Les problèmes liés à la bougie, encrassement ou usure, doivent être traités en se référant aux recommandations d’entretien spécifiques. Il est par ailleurs conseillé de conserver une bougie neuve de rechange dans la sacoche, en prenant soin de la protéger dans son étui d’origine, cet élément restant particulièrement fragile.
Bougie noyée : une panne fréquente mais simple à résoudre
Lorsque les électrodes de la bougie sont mouillées, notamment à la suite d’un incident ou d’un excès de carburant, l’allumage devient impossible.
Dans ce cas, la solution est simple : il suffit de démonter la bougie, de la nettoyer soigneusement puis de la sécher avant de la remettre en place.
Crevaison : les étapes clés pour démonter les roues
En cas de crevaison, le démontage des roues du cyclomoteur doit être réalisé avec méthode afin de préserver l’ensemble des réglages et faciliter le remontage.

Démontage de la roue avant
L’opération débute par la déconnexion de la commande de frein. Le levier doit être poussé vers le haut, puis l’arrêt de câble décroché, sans procéder à aucun démontage supplémentaire.
Les écrous de l’axe sont ensuite desserrés. La roue peut alors être dégagée par le bas, en toute simplicité.
Démontage de la roue arrière
La procédure commence, là encore, par le débranchement de la commande de frein, en poussant le levier vers l’avant et en décrochant l’arrêt de câble sans le dévisser.
Viennent ensuite les écrous de roue, qu’il convient de débloquer avec précaution, tout en veillant à ne pas modifier le réglage des tendeurs.
La chaîne de pédalier est ensuite repoussée vers l’extérieur, sans être détachée. Il faut également dégager l’attache rapide de la chaîne moteur.
Enfin, la roue est extraite en la tirant jusqu’à son dégagement complet.
Panne moteur
Face à une panne moteur, qu’il s’agisse d’une impossibilité de démarrage, d’un arrêt en cours de route ou d’un fonctionnement irrégulier accompagné de ratés, une série de contrôles simples permet souvent d’identifier rapidement l’origine du problème.
Premier réflexe : vérifier le carburant
La cause la plus fréquente reste l’absence de carburant dans le réservoir. Dans ce cas, il suffit de basculer la manette du robinet d’essence sur la position « R » pour activer la réserve. Cette autonomie supplémentaire permet généralement de parcourir une dizaine de kilomètres.

Contrôler l’arrivée de carburant
Si le problème persiste, il convient de s’assurer que le carburant arrive correctement au moteur. Pour cela, le tuyau d’essence côté carburateur peut être débranché afin de vérifier le débit en ouvrant le robinet.
En cas de dysfonctionnement, un nettoyage du filtre de réservoir est recommandé, tout comme celui des orifices de mise à l’air du bouchon, susceptibles d’être obstrués par des impuretés.
Un système de transmission sans réglage
Concernant la courroie de transmission primaire, le cyclomoteur est équipé d’un dispositif de tension automatique. Aucun réglage n’est donc nécessaire, le système étant conçu pour s’adapter de lui-même aux conditions de fonctionnement.
Décalaminage : un entretien clé pour préserver les performances du moteur
Au fil des kilomètres, le moteur d’un cyclomoteur s’expose à un phénomène inévitable : l’accumulation de calamine. Ce dépôt dur, issu des résidus de combustion, se forme progressivement dans certaines zones du moteur ainsi que dans le pot d’échappement. Sa vitesse d’apparition dépend notamment de la qualité du carburant utilisé.
À partir d’environ 4 000 km, cette accumulation peut devenir problématique. En obstruant les circuits internes, la calamine finit par « étouffer » le moteur, qui peine alors à respirer correctement.
Les conséquences sont rapidement perceptibles : une surchauffe anormale et une perte significative de puissance.
Face à ce constat, le décalaminage s’impose comme une intervention d’entretien régulière. Il consiste à nettoyer le moteur ainsi que le pot d’échappement afin d’éliminer ces dépôts et de restaurer les performances initiales du cyclomoteur.