Renault Fuego GTL : plus de 40 ans après, cette voiture des années 80 roule toujours

Elle a dépassé les 100 000 km, changé de propriétaire après le décès de son premier conducteur et connu quelques années de remise en état. Aujourd’hui, cette Renault Fuego GTL de 1980 continue de prendre la route. Bernard l’a achetée en 2010 en Isère et s’attache depuis à préserver ce coupé français qui a marqué le début des années 1980.

Une peinture métallisée, une boîte de vitesses à cinq rapports et une silhouette immédiatement reconnaissable : cette Renault Fuego GTL n’est pas tout à fait une voiture ancienne comme les autres. Mise en circulation en juillet 1980, quelques mois seulement après la présentation de la Fuego au salon de Genève, elle a passé ses premières décennies avec un seul propriétaire.

Lorsqu’elle arrive entre les mains de Bernard, en décembre 2010, la voiture affiche un peu plus de 100 000 km. Son état nécessite toutefois quelques travaux. Une aile est endommagée, les quatre pneus sont à remplacer et plusieurs problèmes mécaniques vont rapidement se révéler.

Mais la base est intéressante. La sellerie, protégée pendant des années par des housses, a été remarquablement préservée. Surtout, la Fuego a bénéficié dès octobre 1981 d’un traitement au Dinitrol. Une protection particulièrement précieuse pour ce modèle réputé sensible à la corrosion.

Pour Bernard, cette découverte est aussi une histoire de famille. S’il s’est mis à rechercher une Renault Fuego, c’est d’abord parce que sa femme aimait sa ligne. Après avoir abandonné un premier exemplaire repéré sur Leboncoin, jugé trop mauvais lors de la visite, il finit par trouver cette GTL à La Mure, en Isère.

Depuis, la voiture a retrouvé la route et son propriétaire continue de l’entretenir pour profiter de ce coupé français dans les meilleures conditions.

Une Renault Fuego pensée pour séduire

Présentée en mars 1980 au salon de Genève, la Renault Fuego doit remplacer les Renault 15 et 17. À l’époque, Renault mise sur un style très différent pour renouveler son offre de coupés.

Le dessin est réalisé par le centre de style de Renault, alors dirigé par Robert Opron, sur la base des travaux de Michel Jardin. La Fuego adopte une silhouette tout en rondeurs, une large surface vitrée et une ceinture noire qui fait le tour de la carrosserie.

Avec son spoiler avant, son becquet arrière et ses proportions compactes, elle donne immédiatement une impression de dynamisme. Pourtant, Renault ne cherche pas à en faire une sportive radicale.

La Fuego est avant tout conçue comme un coupé confortable et polyvalent. Bernard le confirme après plusieurs années à son volant : elle est agréable à conduire et particulièrement adaptée à la route.

64 ch et une boîte 5 vitesses pour cette GTL

Sous le capot de la Fuego GTL se trouve le moteur Cléon-Fonte de 1 397 cm³ développant 64 ch. La GTL se distingue notamment de la TL par sa boîte de vitesses à 5 rapports. En 1980, la Fuego GTL équipée d’une peinture métallisée est proposée à 46 540 francs.

La gamme comprend alors également la GTS, équipée du moteur Cléon-Alu de 1 647 cm³ et 96 ch. Renault élargira ensuite l’offre avec les TX et GTX à moteur Douvrin 2 litres de 110 ch, avant de proposer une version Turbo Diesel en 1983.

La Fuego dispose par ailleurs de plusieurs équipements qui témoignent de l’ambition de Renault à l’époque : volant réglable en hauteur, grande surface vitrée, hayon arrière, sièges arrière rabattables et vitres électriques sur la Fuego appartenant à Bernard.

Une remise en état qui réserve quelques surprises

Lorsque Bernard récupère sa Fuego, la première intervention concerne l’aile endommagée. Il faut la débosseler puis la repeindre.

Mais les difficultés ne s’arrêtent pas là. Le système d’allumage pose rapidement problème. Les premiers dispositifs électroniques utilisés pour remplacer les traditionnelles vis platinées peuvent se dérégler régulièrement. Pour retrouver davantage de fiabilité, Bernard décide finalement d’installer un système d’allumage traditionnel.

Le carburateur demande lui aussi une intervention. Le volet du starter est cassé et les vis à l’intérieur sont endommagées. Bernard finit par trouver un carburateur neuf et le remplace. Aujourd’hui, la Fuego affiche une consommation d’environ 7 litres aux 100 km.

Une silhouette qui ne passe pas inaperçue

Plus de 40 ans après sa présentation, la Fuego conserve une ligne très identifiable. Son dessin avait d’ailleurs été particulièrement travaillé sur le plan aérodynamique. Avec un coefficient de pénétration dans l’air annoncé à 0,35, elle se montre particulièrement efficace pour son époque. La voiture reprend la base technique de la Renault 18, avec plusieurs évolutions, notamment au niveau du train avant. Renault cherche ainsi à associer le style d’un coupé à un niveau de confort permettant d’envisager de longs trajets.

C’est précisément cette combinaison qui plaît aujourd’hui à Bernard. « Elle a beau avoir le design d’une voiture sportive, ce n’est pas pour autant une sportive. » La formule résume assez bien la philosophie de cette Fuego GTL : une voiture au look dynamique, mais pensée avant tout pour rouler confortablement.

La Fuego, une voiture devenue collection

Produite à Maubeuge d’octobre 1979 à juin 1985, puis en Argentine jusqu’en 1992, la Renault Fuego a connu une carrière internationale. Au total, 265 397 exemplaires ont été produits. En Europe, les derniers stocks sont écoulés jusqu’en 1987.

La Fuego n’a jamais vraiment bénéficié d’une image flatteuse en France. Sa silhouette a parfois été comparée à celle de la Porsche 924, ce qui lui a valu le surnom peu glorieux de « Porsche du pauvre ».

La culture populaire n’a pas non plus toujours contribué à améliorer sa réputation. Dans le film Mais qui a tué Pamela Rose ?, une Fuego apparaît dans une scène où elle fait l’objet d’une remarque particulièrement dépréciative. Une séquence qui a participé, auprès d’une partie du public, à renforcer l’image de voiture dépassée ou ringarde qui lui colle encore à la carrosserie.

Pour Bernard, le débat est finalement assez simple : il trouve sa Fuego jolie et surtout très agréable à conduire. Ses équipements, son confort et sa facilité à prendre la route en font une youngtimer particulièrement attachante. 

Aujourd’hui, la Fuego reste une voiture relativement accessible dans le monde de la collection. Les exemplaires peuvent se négocier autour de quelques milliers d’euros, tandis que les versions les plus recherchées, les mieux conservées ou restaurées peuvent atteindre des montants proches de 10 000 €.