Rétromobile 2026 : 50 ans de passion mécanique et d’histoire roulante

En 2026, Rétromobile célèbre un demi-siècle d’existence. Cinquante ans après sa création en 1976 par une poignée de passionnés, le salon parisien s’impose plus que jamais comme le rendez-vous incontournable des amoureux de véhicules de collection. Né avec l’ambition de rassembler, au cœur de la capitale, tous ceux qui vibrent pour la mécanique ancienne, Rétromobile est devenu au fil des décennies une véritable institution, un lieu de transmission où se croisent patrimoine, innovation et émotion.

Dès l’entrée dans les allées du salon, le visiteur est plongé dans un univers foisonnant. Clubs historiques, expositions thématiques, marchands spécialisés de pièces détachées et d’automobilia, vendeurs de voitures de collection d’exception : Rétromobile est un écosystème à part entière, où chaque stand raconte une histoire. Le rez-de-chaussée est dédié aux clubs, piliers du salon depuis sa première édition. Pour cet anniversaire symbolique, le Cercle Pégase Amilcar et le Club Bugatti France rendent hommage aux fondateurs de Rétromobile en exposant trois véhicules emblématiques présents dès l’édition inaugurale de 1976.

Parmi les pièces maîtresses de cette édition anniversaire figure un monument de l’ingénierie ferroviaire : l’autorail Bugatti. Mis en lumière grâce à une scénographie soignée réalisée par les ateliers Mathieu Lustrerie, cet engin spectaculaire est présenté par la Cité du Train de Mulhouse. Dans les années 1930, alors que le rail français est encore largement dominé par la vapeur et menacé par la montée en puissance de l’automobile et des autobus, Ettore Bugatti imagine une rupture technologique majeure. Inspiré de la Royale, son moteur huit cylindres est adapté à un train à quatre essieux, donnant naissance à un autorail d’une modernité saisissante. En seulement neuf mois, Bugatti conçoit une nouvelle génération de trains rapides. Lors des essais d’homologation, la combinaison d’une construction légère, d’une puissance élevée et d’une aérodynamique avancée permet d’atteindre 172 km/h, un record absolu pour un train de voyageurs à l’époque. En 1934, une version améliorée frôle les 200 km/h, faisant de l’autorail Bugatti le train le plus rapide du monde. Sur les 88 exemplaires produits, un seul subsiste aujourd’hui : le mythique « Présidentiel ».

Rétromobile 2026 accueille également un événement exceptionnel : l’escale parisienne des sept BMW Art Cars ayant couru les 24 Heures du Mans. Cette rencontre entre art contemporain et sport automobile, initiée il y a cinquante ans, est l’œuvre d’Hervé Poulain, commissaire-priseur et gentleman-driver. Son idée audacieuse, confier la décoration d’une voiture de course à un artiste de renom, trouve un écho favorable chez BMW grâce à l’appui de Jochen Neerpasch et de Jean Todt. Dès 1975, Alexander Calder signe la première Art Car, une BMW 3.0 CSL aux couleurs primaires éclatantes. Malgré un abandon en course, l’impact médiatique est immense. L’aventure se poursuit avec Frank Stella, Roy Lichtenstein, Andy Warhol, Jasper Johns ou encore Jeff Koons, chacun apportant sa vision artistique à la performance mécanique. En 2024, Julie Mehretu signe la septième Art Car avec le prototype M Hybrid V8, perpétuant une tradition unique dans l’histoire du sport automobile.

Les constructeurs français occupent également une place de choix dans cette édition anniversaire. Renault met à l’honneur la Clio, véritable best-seller national avec plus de 17 millions d’exemplaires vendus depuis 1990. La Clio incarne la montée en gamme du losange, conjuguant dynamisme, robustesse et qualité perçue. Des versions sportives mythiques, comme la 16 soupapes ou la Williams, aux déclinaisons luxueuses Baccara, la citadine a su se réinventer au fil de cinq générations, jusqu’à devenir une référence européenne.

DS Automobiles, marque intimement liée à l’histoire politique française, expose plusieurs de ses modèles emblématiques. De la DS présidentielle de Charles de Gaulle à la SM cabriolet utilisée lors des investitures, la marque incarne plus que toute autre l’automobile de la Ve République. Véhicule d’apparat, symbole de modernité et de prestige, la DS reste associée aux grandes heures de l’Élysée et à une certaine idée du raffinement à la française.

Chez Peugeot, ce sont les mythiques GTI qui sont à l’honneur. Les trois lettres magiques, popularisées par la 205 GTI dans les années 1980, ont marqué toute une génération d’automobilistes. Légère, performante et accessible, la petite sportive sochalienne est devenue une icône, rivalisant avec la Golf GTI et contribuant au renouveau de la marque. Produite à près de 300 000 exemplaires, la 205 GTI demeure aujourd’hui l’une des youngtimers les plus recherchées.

Citroën, fidèle à son ADN avant-gardiste, entoure son dernier concept Elo d’une sélection de prototypes marquants. De la 2 CV A du projet TPV à la spectaculaire Karin pyramidale, en passant par l’Activa et le concept Xanae, la marque aux chevrons rappelle combien ses concept-cars ont toujours été des laboratoires d’idées, annonçant les lignes et les technologies de demain.

Enfin, la Volkswagen Golf GTI célèbre ses 50 ans avec une rétrospective complète des 8 générations. Véritable matrice des compactes sportives, la GTI a démocratisé la performance depuis 1975, tout en conservant une identité forte. De la première 1.6 injection à la récente Edition 50 de 325 ch, la saga GTI témoigne d’une longévité et d’un succès commercial hors norme.

Au 3e étage du pavillon 7, les marchands de prestige exposent quant à eux les voitures les plus désirables du salon. Véritables bijoux de design et d’ingénierie, ces modèles d’exception attirent tous les regards et rappellent que Rétromobile n’est pas seulement un musée éphémère, mais aussi un marché vivant, où la passion se conjugue avec l’excellence.

À 50 ans, Rétromobile n’a rien perdu de sa capacité à émerveiller. Plus qu’un salon, il est devenu un témoin privilégié de l’histoire de la mobilité, célébrant à la fois le passé, le présent et l’avenir de l’automobile et de la mécanique.