Il y a des débuts d’année qui ressemblent à des démarrages en douceur. Et puis il y a 2026. Six mois à peine, et déjà l’impression d’avoir traversé plusieurs époques mécaniques, entre salons grandioses, anniversaires mythiques et histoires de routes qui ne s’éteignent jamais. Pour les passionnés de véhicules anciens, ce premier semestre a eu des airs de festival permanent.
Des événements qui ont attiré les foules
Tout commence à Paris, dans l’écrin incontournable de Rétromobile. Chaque année, le salon s’impose comme une cathédrale éphémère dédiée à l’automobile de collection. En 2026, l’édition prend des airs de musée vivant.
Au détour des allées, un visiteur tombe sur une silhouette inattendue : l’autorail Bugatti, mis en scène avec précision par les ateliers de scénographie et présenté par la Cité du Train. Plus loin, un autre choc visuel : les sept BMW Art Cars ayant marqué les 24 Heures du Mans font escale à Paris, transformant l’exposition en manifeste artistique roulant.






Quelques semaines plus tard, le relais est pris par le Salon du 2 roues de Lyon. Ici, la route devient récit. L’édition 2026 rend hommage à la mythique Route 66, dont les 100 ans résonnent comme une invitation au voyage. L’allée centrale du salon se transforme en “Mother Road”, jalonnée de machines emblématiques, entre passé et présent.
Autre temps fort : le centenaire de la marque Ducati. Entre modèles vintage et créations contemporaines, le salon lyonnais rappelle que l’innovation et la tradition ne s’opposent jamais vraiment dans l’univers du deux-roues.
Au printemps, la passion quitte les stands pour investir les routes. La Journée nationale des véhicules d’époque réunit des milliers de passionnés autour d’un même objectif : faire vivre le patrimoine roulant, non pas derrière des vitrines, mais sur l’asphalte.



La Nationale 7 toujours au cœur de la passion
À Étoile-sur-Rhône, dans la Drôme, le temps s’est arrêté un instant les 9 et 10 mai 2026. La station-service sur la Nationale 7 célébrait ses 70 ans dans une ambiance de fête populaire et de nostalgie assumée. Sur cette route mythique des vacances d’après-guerre, les véhicules anciens ne sont pas des objets : ils sont des témoins.



La Nationale 7 occupe une place à part dans les mémoires. Presque mythologique, elle relie bien plus que des villes.
De Montélimar à Aix-en-Provence, elle traverse autant les paysages que les souvenirs. Ancien grand axe des vacances vers le midi, elle s’est transformée au fil du temps en véritable espace de mémoire collective.

Aujourd’hui, chaque road-trip qui l’emprunte dépasse le simple itinéraire : c’est une immersion dans une histoire faite de départs estivaux, de stations-service devenues emblématiques et de villages qui continuent de raconter, à leur manière, l’âge d’or de la route.
Des anniversaires qui racontent un siècle de mobilité
Le premier semestre 2026 a aussi été marqué par une série d’anniversaires emblématiques.
À La Roche-de-Glun, près de 190 passionnés venus de toute l’Europe, et même d’Australie, se réunissent pour célébrer les 80 ans d’une icône de l’après-guerre : la Renault 4CV. Trois jours durant, le village vit au rythme de cette voiture symbole de reconstruction et de démocratisation de l’automobile en France.


Dans un autre registre, la marque américaine EMPI fête ses 70 ans. Une référence incontournable du mouvement Volkswagen aircooled, qui a façonné une culture mécanique à part entière. Derrière ses pièces et ses préparations, c’est toute une philosophie de la performance qui est célébrée.


Des histoires humaines derrière la mécanique
Au-delà des événements, ce premier semestre 2026 a mis en lumière des récits de passionnés.
C’est le cas du Peugeot Q3A de Jean-François. Utilitaire d’après-guerre mis en circulation en 1949, restauré en 2012 après des années d’oubli, il incarne la persistance d’un patrimoine familial transmis puis remis en état. Ici, chaque pièce restaurée raconte une vie, chaque planche de bois du plateau évoque un métier, une époque, une mémoire.

Dans la même veine, les cyclomoteurs Peugeot 101, 102 et surtout le mythique 103 rappellent une époque où la mobilité rimait avec liberté adolescente. Le 103, lancé en 1971, dépasse même son statut d’objet technique pour devenir un marqueur culturel en France.


Ce premier semestre 2026 aura confirmé une chose essentielle : la passion des véhicules anciens ne se contente pas de regarder dans le rétroviseur. Elle avance, elle rassemble, elle raconte.
Et surtout, elle continue de transformer chaque machine, chaque route et chaque événement en fragments d’histoire vivante.