Saint-Étienne en mouvement : des expositions au cœur de la mémoire industrielle stéphanoise

En 2026, le Musée d’Art et d’Industrie de Saint-Étienne déploie une programmation qui met à l’honneur la mémoire industrielle stéphanoise. Entre les cycles et le regard photographique sur la ville au travail, Saint-Étienne affirme plus que jamais son identité : un territoire où l’innovation technique dialogue avec la création artistique.

Vélo, moteur d’innovation

Dès le 1er août 2026, le nouveau parcours permanent intitulé « Vélo, moteur d’innovation » invite les visiteurs à parcourir deux siècles d’histoire technique, industrielle et sociale. À travers une scénographie immersive, le musée retrace l’évolution du cycle, depuis les premiers tâtonnements mécaniques jusqu’aux mobilités urbaines contemporaines.

Parmi les pièces phares figurent une draisienne de 1817 et un vélocipède original de 1867 signé Pierre Michaux, jalons essentiels dans la conquête de la propulsion mécanique. Ces modèles dialoguent avec des bicyclettes issues des grandes manufactures stéphanoises, rappelant combien la ville fut, au tournant des XIXe et XXe siècles, la capitale française du cycle.

Affiches publicitaires, archives commerciales, démonstrations mécaniques et dispositifs interactifs complètent le parcours. Le public pourra manipuler différents matériaux utilisés au fil du temps, actionner une maquette pour saisir les principes de transmission du mouvement, ou encore explorer les mutations récentes du secteur, des vélos pliants aux modèles électriques.

Au-delà de l’objet technique, l’exposition souligne l’impact social du vélo : outil d’émancipation, compagnon des grandes compétitions sportives, levier de transformation des modes de vie urbains. En filigrane, c’est toute l’histoire d’un territoire qui se dessine, façonné par le savoir-faire artisanal, l’audace industrielle et l’ouverture aux marchés internationaux.

Exposition photos « Les villes travaillent »

Du 3 novembre 2026 au 15 mars 2027, place à la photographie avec « Les villes travaillent », un projet porté conjointement par le Musée d’Art et d’Industrie de Saint-Étienne et Couriot – Musée de la Mine. Inscrite dans le cadre du label national du bicentenaire de la photographie, l’exposition explore les liens étroits entre industrie, territoire et image, du XIXe au XXIe siècle.

Forte d’un fonds de 10 500 œuvres couvrant la période 1848-2024, la collection stéphanoise témoigne de la vitalité photographique locale dès les débuts du médium. Mines, armureries, ateliers de passementerie, manufactures de cycles : l’appareil photographique a documenté les gestes, les lieux et les mutations d’un bassin industriel en constante transformation.

Au Musée d’Art et d’Industrie, « La ville travaille – Esprit de collections » réunira près de 300 œuvres signées par environ 70 artistes. Paysages urbains et périurbains, architectures productives, habitats ouvriers et patronaux, scènes de travail : le parcours embrasse tout un écosystème, mêlant fonds patrimoniaux et prêts d’institutions majeures.

À Couriot, une exposition monographique consacrée à Anna Chojnacka établira un dialogue visuel entre Saint-Étienne et Katowice, ville industrielle polonaise jumelée avec Saint-Étienne. À travers des images puissantes, marquées par l’héritage des avant-gardes d’Europe centrale, l’artiste montre comment l’industrie modèle les paysages et imprime sa marque sur les existences.

Trois résidences, confiées à Marine Leleu, Julien Guinand et Ian Smith, viendront prolonger cette réflexion en interrogeant l’industrie contemporaine, les gestes professionnels et la transmission des savoir-faire.

En associant patrimoine industriel et regard artistique, ces deux temps forts composent une lecture complémentaire de l’identité stéphanoise. Le vélo incarne l’élan, l’inventivité et la capacité d’exportation d’un territoire longtemps moteur de l’économie nationale. La photographie, elle, en capte les traces, les transformations et les mémoires de ce passé industriel.