Au milieu des années 1950, BMW traverse l’une des périodes les plus délicates de son histoire. La marque bavaroise est alors au bord de la faillite. La baisse des ventes de motos, combinée aux coûts excessifs de production des luxueuses BMW 503 et 507, conçues de manière trop complexe et vendues à perte, fragilise dangereusement les finances du constructeur. Il devient urgent de trouver une solution rapide et économique pour renflouer les caisses.
C’est lors du Salon de l’automobile de Turin que l’avenir de BMW prend un tournant inattendu. Sur un stand, une micro-voiture attire l’attention : une petite automobile dotée d’une imposante porte frontale, exposée par Iso Rivolta, une entreprise italienne spécialisée à l’origine dans la fabrication de réfrigérateurs et de micro-voitures. BMW saisit l’opportunité, rachète les droits de licence du modèle ainsi que les installations de fabrication. Le véhicule est alors rebaptisé BMW Isetta. L’objectif est clair : générer des revenus le plus rapidement possible.



Le constructeur allemand apporte plusieurs modifications à l’Isetta d’origine. Le châssis et le moteur sont revus, avec l’adoption d’un moteur monocylindre à quatre temps de 250 cm³ développant 12 ch lors du lancement en 1955. Contrairement à la version italienne à trois roues, la BMW Isetta est équipée de quatre roues, offrant une meilleure stabilité. En 1956, une évolution apparaît avec l’Isetta 300, dont la cylindrée passe à 300 cm³ pour une puissance de 13 ch, permettant d’atteindre 85 km/h.
Pour ce modèle inédit, BMW forge le terme de « moto-coupé ». Le public, lui, lui préfère rapidement un surnom plus affectueux : le « pot de yaourt ». Longue de seulement 2,28 m et pesant 350 kg, l’Isetta peut accueillir deux adultes dans un habitacle exigu mais ingénieux. Sa porte frontale s’ouvre comme celle d’un réfrigérateur, entraînant avec elle le volant et la colonne de direction. Les bagages, faute de place, sont installés à l’extérieur sur un support fixé à l’arrière.


Peu modifiée au fil des années, la BMW Isetta conserve néanmoins une caractéristique de sécurité notable : un toit ouvrant en tissu, conçu pour permettre l’évacuation des occupants en cas de choc frontal. Ce concept simple mais efficace séduit rapidement le public.
Le succès est immédiat et décisif pour BMW. Proposée à 2 250 Deutsche Marks, soit environ 1 300 € actuels, l’Isetta se vend à 10 000 exemplaires dès sa première année de production. En 8 ans, 161 729 unités sont produites. En 1962, la production s’arrête, mais la petite Isetta est entrée dans l’histoire. Plus qu’une micro-citadine, elle restera comme le modèle qui a permis à BMW de survivre et de préparer son renouveau.


Crédit photos : BMW, Europeana, vintageroadtrip.fr