Lancé officiellement en 1948, le Citroën Type H s’impose rapidement comme l’un des utilitaires les plus emblématiques de l’histoire automobile française. Reconnaissable entre tous à sa carrosserie en tôle ondulée, produite jusqu’en 1981, il traverse plus de trois décennies sans jamais renier sa vocation première : servir tous les métiers, en ville comme à la campagne, des administrations aux artisans, du transport agricole aux usages les plus inattendus.
Présenté pour la première fois au Salon de l’automobile de Paris en 1947, le Type H est commercialisé dès juin 1948. Son design étonne immédiatement. Inspirée du célèbre avion Junkers Ju 52, sa carrosserie nervurée n’est pas qu’un choix esthétique : elle permet de renforcer la rigidité de la structure tout en limitant le poids. Les différentes appellations : H, HY, HX, HW, HZ ou encore 1600, correspondent aux capacités de charge utile, soulignant la polyvalence du modèle.e.





Un projet né dans la clandestinité
L’histoire du Type H commence bien avant sa commercialisation. Durant la Seconde Guerre mondiale, alors que la conception de nouveaux véhicules est interdite par l’occupant, Citroën poursuit en secret les études de ce futur utilitaire. L’ingénieur Pierre Franchiset joue un rôle central dans la mise au point du projet, notamment sur les carrosseries. Après la réalisation de deux prototypes, le véhicule est finalisé à la Libération.
Pour accélérer son développement et garantir sa fiabilité, Citroën puise largement dans sa banque d’organes existants. Le Type H reprend ainsi de nombreux éléments de modèles déjà éprouvés : moteur, boîte de vitesses et essieu avant de la Traction Avant, mais aussi divers composants issus de la 15 Six et de la 2 CV, tels que le volant, le compteur de vitesse, les essuie-glaces, les phares ou encore les clignotants.


Confort, tenue de route et modularité
Techniquement, le Citroën Type H se distingue par ses suspensions à barres de torsion, qui lui assurent une tenue de route remarquable pour un utilitaire de son époque, ainsi qu’un confort appréciable même à vide. Le seuil de chargement très bas et le plancher parfaitement plat facilitent les opérations de chargement et de déchargement, un atout majeur pour les professionnels.
Son châssis-cadre renforcé en U ouvre la voie à une multitude de transformations. Sous l’impulsion de Pierre Franchiset et du designer André Lefèbvre, le Type H se décline en versions allongées, à toit surélevé, en plateaux avec double cabine ou encore en simples châssis-cabines livrés directement en sortie d’usine. La version fourgon de livraison affiche une longueur de 4,28 m, mais les possibilités d’adaptation semblent presque infinies.
Un utilitaire pour tous les métiers
De la ville à la campagne, le Citroën Type H trouve naturellement sa place dans tous les corps de métiers. De nombreux carrossiers indépendants s’emparent du modèle pour développer des variantes destinées principalement aux entreprises de taille moyenne. Le Type H devient ainsi transporteur de voitures, camion de vente, bus, véhicule frigorifique, bétaillère, camping-car ou même laboratoire roulant. Certaines versions vont encore plus loin en adoptant une suspension hydropneumatique sur l’essieu arrière, directement héritée de la Citroën DS.

Côté motorisation, le Type H évolue au fil des années. D’abord équipé du moteur et de la boîte de vitesses de la Traction Avant, il adopte par la suite des mécaniques issues de la DS, avec un moteur placé devant l’essieu avant et à rotation inversée. Des motorisations Diesel Perkins et Indénor sont également proposées, répondant aux besoins de robustesse et d’économie des professionnels.






Pilier des administrations françaises
Le Citroën Type H s’impose aussi comme un véhicule incontournable des administrations françaises. Il équipe notamment EDF, La Poste, les pompiers, l’armée et la police. À partir de 1960, il est utilisé comme véhicule cellulaire, renforçant son image de fourgon utilitaire robuste et fiable, au service de l’État.


La carrière industrielle du Citroën Type H s’achève le 14 décembre 1981, après plus de 33 ans de production. Au total, 473 289 exemplaires sont construits en France, sur les sites du Quai de Javel et d’Aulnay-sous-Bois, auxquels s’ajoutent 5 353 véhicules produits en Belgique et environ 10 000 aux Pays-Bas.

Citroën Type H
- Période de production : 1948 – 1981
- Design : Pierre Franchiset, carrossier-ingénieur
- Moteur : 1911 cm3 48 ch à 3800 tr/min, 78 km/h, 13 L / 100 km
- Types de carrosseries : transporteur avec de nombreuses solutions sur mesure
- Carrosserie en tôle ondulée, suspension à barre de torsion, grand nombre d’adaptations